Richard Vallée — Essais

 

Les contradictions de l'économie

Tout système économique présente des contradictions qui en pervertissent les fondements. Nos propres systèmes économiques en contiennent plusieurs qui ne pas pas addressées à cause du dogme naif selon lequel les exposer affaiblit le système économique et représente une attaque. Loin de déstabiliser un système, exposer et chercher des solutions à ses problèmes est le meilleur moyen de l'améliorer.

Elles sont nombreuses et représentent des situations qui rappellent que l'effet bénéfique de la main invisible n'est possible que sous certaines conditions, qui ne sont nullement naturelles. Il est facile de retirer responsabilité aux individus et paresser en prêchant la fatalité, mais il n'empêche que rien ne se produit dans une société sans la décision consciente d'au moins un individu. Malgré la beauté poétique de l'analogie de Smith, il est clair que le travail d'un criminel ou d'un menteur incompétent ne bénéficie en rien la société, lui nuit même très fortement. La justice n'est pas utile que pour des considérations humanistes, elle est un pilier incontournable de l'efficacité économique. Les actes causant dommage à la société sont généralement illégaux, ce n'est que leur couverture qui permet leur existence. Ceux-ci absorbent toutefois une large de part de capitaux qui pourraient être beaucoup mieux utilisés.

Il existe également des contradictions économiques inhérentes à certains besoins. L'une des plus importantes contradictions est le fait que la maladie est plus lucrative que la santé. Loin d'indiquer que le choix conscient de rendre les populations malades soit pris dans un quelconque comité, cela indique toutefois que la nécessité inconsciente qu'il soit plus lucratif de soigner des gens malades que d'attendre que les gens sains le deviennent. Cela a mené à l'objectif initial de l'industrie pharmaceutique de traiter les symptômes, les atténuant par un cycle régulier d'ingrédients développés au coût de plusieurs milliards. Le travail y demeure toutefois sincère, n'ayant pas tous les outils nécessaires pour être efficace. Les progrès sont cumulatifs et inévitablement corrigeront les fautes, à conditions qu'elles soient persécutés pour leur inefficacité.

Une autre contradiction immense se situe dans l'énergie, industrie causant des torts énormes à l'humanité en sacrifiant son évolution. Il y en effet longtemps que l'humanité aurait du trouver de meilleures sources énergétiques, simplement par le fait qu'une efficacité accrue sur le plan énergétique se traduirait directement par une efficacité accrue de l'industrie entière. Il n'existe probablement aucun kilowatheure pour lequel l'humanité ne pourrait trouver usage. Pourtant les recherches à cet effet sont modestes, bien qu'elles engendreraient des trillions en capital industriel.

La guerre est en soi une contradiction immense, donnant l'illusion de richesse. Elle aspire les investissements et les réduit en fumée. Les États-Unis, par exemple, ont dépensé plus de $20 trillions en dépenses militaires depuis la deuxième guerre mondiale. Près de trois fois la dette actuelle du pays et largement pour éliminer toutes les maladies, sauf quelques exceptions peut-être, la famine, l'analphabétisme et la violence politique, plusieurs dizaines de fois. Ou, alternativement, suffisamment pour rebâtir une grande partie de l'infrastructure du pays, tout en éliminant toutes les tensions militaires reliées au pétrole. Avec un taux annuel composé de 3%, modeste, les seuls gains financiers ridiculisent par leur performance les bénéfices économiques de la guerre. La vitre brisée ne fait que distraire du travail constructif. La guerre créé une part importante de richesse, mais elle n'est qu'un capaciteur, pouvant être remplacée par tout autre motivation efficace. Le modèle de la guerre est équivalent à un complexe industriel produisant des tonnes de produits de haute technologie allant directement aux centres de recyclage de haute technologie, affichant un emploi formidable et payé à même les impôts de ceux qui travaillent dans l'économie de production.

Ces contradictions demeurent pour plusieurs raisons, aucune n'ayant la moindre légitimité juridique, encore moins scientifique. Les éliminer exige toutefois une attention particulière, ainsi qu'un énoncé ferme et des objectifs clairs. Les gouvernements ont cependant tendance à adoucir les objectifs de sorte que l'exercice est inutile car incapable d'atteindre les objectifs minimaux. Les objectifs sont toutefois un exercice auquel les citoyens peuvent s'exercer, advenant qu'il existe des outils aptes à interpréter l'opinion de millions d'individus. Le travail est imposant sur le plan scientifique, mais présente non moins un retour sur investissement énorme. Un gouvernement ne devrait fondamentalement pouvoir agir à l'encontre de l'opinion informée de la population, sans quoi son existence est, à toutes fins pratiques, inutile. Il importe toutefois en premier lieu de pouvoir connaitre celle-ci, ce qui exige un travail important mais néanmoins accessible. De l'affirmation véritable des objectifs recherchés sur les problèmes importants de la société, il est beaucoup plus aisé de faire un travail efficace.